Le journal du Grand Baz'arts, une troupe de théâtre lotoise
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Cercle de lecture 15 Mai

Belle soirée sur la terrasse, vent léger, soleil couchant sur la vallée du Célé, nous sommes chez Madeleine et c’est elle qui commente le premier livre « Le Grand Cœur » de Jean Christophe Ruffin.

L’histoire ne lui est apparue passionnante qu’après les 130 premières pages. C’est à partir du moment où, parvenu en Orient après être parti de Bourges encore en quête de sponsors, qu’elle accroche à l’histoire de Jacques Cœur, car il faut dire aussi que c’est à partir de ce moment là qu’elle prend un grand essor. Une rencontre avec le Roi Charles VII, qui le prend d’amitié et en fait son argentier, donne à son avis de l’intérêt au texte. D’autant qu’entrer en affaire avec un Roi peu sympathique, Jacques Cœur doit apprendre à se méfier. La fin de l’ouvrage nous renseigne sur sa vie sentimentale. Amoureux d’Agnès Sorel il doit vivre avec elle, caché, car la belle Agnès est maîtresse officielle du Roi. Compliqué tout ça… Mais Jacques Cœur  doit être un malin car il sait se tirer de pas mal de situations. La preuve ? il aime l’architecture de la Renaissance, mais son amoureuse préfère les châteaux forts, qu’à cela ne tienne, sur les ruines d’un château fort il lui construira à Bourges, ce que l’on connaît aujourd’hui comme  » la Maison de Jacques Cœur » une pure inspiration de la Renaissance italienne…

Poursuivons avec Pascal et le livre qu’il nous a apporté : une autobiographie d’un aventurier de Figeac parti en 1860 au Pérou,  » Théodor Ber, une vie dans les Andes »

Manuscrits de 12 cahiers (dont deux retrouvés à la décharge municipale, sympa le classement…) qu’il a légué à la ville de Figeac et qui ont dormi jusqu’à nos jours avant que lus et réunis ils furent ressuscités. Ce journal c’est une écriture brute, d’un auteur qui a reçu peu d’éducation. Il est fils de tailleur et en 1848 il prend fait et cause pour la république. C’est sa vie d’homme embarqué pour le Pérou, qu’il nous conte. Il a fait tous les métiers pendant ses 60 ans de vie. Tailleur, journaliste, secrétaire, précepteur. Pour arriver à vivre dans ce pays, il doit s’adapter et visiblement il sait faire. A Lima il détecte des opportunités avec la riche bourgeoisie présente ,donc  il étudiera et deviendra précepteur. Il sera celui qui possède la culture en face de ceux qui possède l’argent. Il décrit la société péruvienne mais il ne peut y demeurer car il n’est pas très fortuné. Il revient donc à Paris, pendant la commune (1870) ou il fait partie des émeutiers. Elle se termine mal, il doit s’exiler à nouveau, il intrigue pour retourner au Pérou, et finit par être nommé vice consul de France…  Il continuera d’écrire son journal jusqu’en 1894 et mourra quatre ans plus tard à Lima.

Jacqueline a lu :

« Je suis à l’Est » de Joseph Schovanec. 

La vie d’un jeune autiste qui présente le syndrome d’Asperger. Jusqu’à 7 ans il ne parlait pas, mais avec une intelligence hors du commun il parvient à faire des études et intégrer de grandes écoles (Sciences Po)… tout en conservant une énorme difficulté pour engager et entretenir des relations sociales, il passe ses examens, gravit les échelons. C’est son histoire qu’il nous conte dans ce livre et son combat pour malgré tout participer à une vie normale (il donne aujourd’hui des conférences en France et à l’étranger… mais il a toujours un plan B pour voyager et calmer ses angoisses au cas où le plan A ne fonctionnerait pas).

Jean Jacques a lu :

« Guerre et guerre » de Laslö Krasznahorkai.

40 premières pages où il n’a, dit-il, « rien compris » mais il s’est acharné !  et, surprise, progressivement il  l’a trouvé passionnant cet ouvrage. L’auteur mêle les histoires dans un roman intrigant. Son héros, assez miteux, était archiviste en Hongrie. Tout à coup il tombe sur un livre qui est pour lui LA révélation. A la suite de cette lecture, dont il ne nous révèle pas ce qu’elle est cette sublime  révélation, le héros change de vie et même a pour projet de la perdre en se suicidant à New York… L’auteur nous entraîne alors dans une virée américaine, et le lecteur doit accepter de lire cette oeuvre comme un mirage (ou une hallucination, ça dépend des goûts) sans essayer de décoder le rébus. Pourtant c’est ce que vous ferez du début jusqu’à la fin.  Curieux s’abstenir, vous ne connaîtrez jamais la nature de cette révélation susceptible de changer notre vision du monde, et vous allez être frustré, frustré, frustré). La conclusion de Jean Jacques, c’est que l’ouvrage l’a baladé d’une histoire à l’autre de manière sublime, dans un procédé Kafkaïen. Il a aimé. A vous de voir si vous le suivez.

Jocelyne a lu :

- « Le turbulent destin de Jacob Obertin de Catalin Dorian Florescu (roumain) né en 67 :  L’épopée d’une famille depuis la guerre de 30 ans, jusqu’à la seconde guerre mondiale, de la Lorraine à la Roumanie. Elle le recommande à vos lectures, elle ne s’est pas ennuyée DU TOUT.

- « L’autobus » de Eugenia Almeida Dans un petit village d’Argentine, un jour l’autobus ne s’arrête plus, par contre se met en route une dictature… On comprend le système de terreur qui se met en place quand la région est bouclée de cette manière là pour pratiquer la chasse à l’homme (opposant au régime, naturellement).

- « La métaphysique du Hors jeu » de Laurent Sagalovitsch : Une fiction au vitriol qui ne manque pas d’humour. L’histoire difficile à cerner, mais pas sans intérêt, d’un héros gravement alcoolisé qui se porte au secours de sa sœur, qui elle, est gravement névrosée, et suicidaire en plus. De cet événement il va se prendre de goût pour le sauvetage d’autrui mais à sa manière.

- « Garden parties » de Alain Voline.  Un mystérieux jardinier, en 1976 où règne une sécheresse totale, arrive pour remettre en état dans un temps record, un domaine où il s’agit de fêter somptueusement les 40 ans du dit domaine . Mais il y a la sécheresse, mais il y a une nymphomane qui y sévit… Bon, on est reparti pour l’amant de lady Chatterley ? Oui, non ? Pas vraiment. L’avis est mitigé, ça débute bien mais le développement est assommant et la fin convenue.

Nicole a lu :

- « Le rabaissement » de Philippe Roth. Pas sympa de porter un regard critique sur un travail qui a demandé du temps, et qui a le mérite d’exister, pour d’autres qui vont peut-être l’apprécier. Donc pour l’avis de Nicole, ce n’est pas extraordinaire. L’auteur tente de boucler son roman en reprenant des pistes lancées au départ, mais qui n’ont pas été traitées ensuite, ce qui fait un peu bricolé quand ils croisent les pistes à la hâte, parce qu’il faut bien terminer sur quelque chose qui se tient, mais ça ne colle pas. Le personnage reflète trop les problématiques de l’auteur. Ce qui marchait autrefois pour le complexe de Portnoy parce que c’était nouveau, aujourd’hui ne fonctionne plus. C’est éculé.

- « Le journal de l’abbé Mugnier » C’est écrit parfois un peu rapidement, normal, c’est un journal, pas un chef d’oeuvre de littérature. Mais l’ouvrage donne un aperçu du vécu d’une époque (1870) mondaine, car l’abbé était friand de soirées chic, et qu’il fréquentait assidûment  les écrivains (Huysmans était un ami proche). L’abbé est plus tourné vers les anecdotes du beau monde que vers les confidences des habituées de sa sacristie, ce peuple féminin pour lequel il n’a pas beaucoup d’estime. Quelques pages savoureuses sur les mondanités qu’il aime mais dont il n’est pas dupe.

- « Le potager d’une feignasse »  de Amandine Frey : En mai fait ce qu’il te plaît mais surtout ton potager … et avec le moindre effort si possible. C’était un livre à lire pour voir s’il n’y avait pas encore à améliorer les méthodes. Ben non, la lectrice était déjà presque au top des feignasses, par contre pour un débutant, c’est un livre génial qui met tout de suite le pied à l’étrier pour des résultats sympathiques.

- « Deux beaux salauds la rafle du Figeacois 11 et 12 Mai 1944″ de François Sauteron : Ce livre était lu dans l’esprit de constituer une base documentaire, il a répondu à cette attente. C’est une suite d’événements, pas toujours rapportés dans l’ordre chronologique, ce qui complique un peu la recherche d’information, mais il y a beaucoup de noms, des dates, des commentaires rapides sur les actes, et pour les personnes qui habitent la région et qui cherchent à suivre le déroulement de ces deux jours de rafle de Figeac en Mai 44, la source d’informations est intéressante et bien fournie.

 Henri a lu le dernier livre de Pierre Rahbi et Jean Marie Pelt  : « Le monde a-t-il un sens ? »

Le monde a une direction, mais est-ce que cela a un sens ? Il faut lui en donner un, et notamment arriver à s’entraider pour résoudre les problèmes qui s’accumulent. A lire d’urgence si vous faites partie de ceux qui veulent apporter leur aide à la planète qui n’en peut plus.

et  relu « Les nouvelles de Maupassant »  

Un livre qu’il a déniché dans une ancienne maison de la presse de Figeac qui s’est reconvertie entre autres en librairie pour livres anciens et d’occasion. Il a surtout vibré a la nouvelle qui a pour titre   »La parure »  Où Maupassant décrit un couple de gens peu fortunés qui, invités dans une grande réception doivent s’habiller et se parer. Il leur est prêté un bijou fort beau, « la parure », mais qui à leur grand désespoir disparaît au terme de la soirée. Le couple s’endette (à vie) pour en faire réaliser une copie et  rendre le bijou à sa propriétaire. Plus tard, bien plus tard, le couple rencontre cette personne et la remercie encore comme ce superbe bijou qui a mis l’épouse en valeur. Et c’est là que le couple apprend, effondré, qu’il ne s’agissait que d’une imitation sans valeur…

 

PROCHAIN CERCLE DE LECTURE : VENDREDI 13 JUIN

 

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