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Cercle de lecture – 27 Février 2014

Espagnac Ste Eulalie, le 27 Février

Nous nous sommes retrouvés à Espagnac Ste Eulalie, presque au complet, chez Joce. Et pour ça, certains ont dû accélérer leur rentrée. Pascal et Béatrice débarquaient du train de Paris, et Jean Jacques et Nicole de la Bretagne venteuse. Heureusement il y en avait d’autres qui s’étaient sérieusement penchés sur leurs lectures…

Joce, par exemple qui avait revisité Bernard Werber avec la Troisième humanité. Werber  a ses inconditionnels et les autres. A voir les mines ce soir là , il n’y avait pas que des inconditionnels dans notre assistance… C’est un tort. Car les visionnaires, les auteurs de science fiction, et autres auteurs futuristes sont sérieusement documentés, et nous avons aujourd’hui assez de recul pour vérifier combien ont tapé dans le mille avec un ou deux siècles d’avance, ne serait-ce que : Jules Verne, Georges Orwel, Aldous Huxley ou Isaac Asimov…

 Joce a aimé ce livre de Werber où elle a retrouvé des extraits de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu avec bonheur. Et avec quelques frissons elle s’est laissée emporter par l’imagination de l’auteur qui la verrait bien raccourcie de quelques bons centimètres pour avoir le droit de participer à cette future humanité. Ouais… bon, avouons le, l’arbre des possibles pour la future humanité selon Werber, n’est pas très enthousiaste pour nous autres… Mais on l’aura bien cherché ! Entre une troisième guerre mondiale  et un consumérisme forcené qui nous asservira et nous laissera exsangue, en changeant peut-être de comportement on aura le choix, mais on aura été prévenu… Donc, à lire, avec la pêche, si vous voulez savoir ce qui vous attend d’ici un siècle ou deux…

Madeleine, à la différence des curieux de ce que l’avenir nous réserve  (ou angoissés par celui-ci, ce qui n’est pas incompatible) est souvent attirée par la vie dans les siècles passés. Cette fois-ci c’est sous forme d’un polar qu’elle est allée faire un tour dans le siècle de Louis XV avec : « L’Enigme des Blancs manteaux »  une enquête de Nicolas Le Floch signée Jean François Parot. Madeleine a surtout prêté son attention au contexte de l’époque où, dans Paris on sentait déjà poindre la révolution. Le peuple « d’en bas » est livré à la famine et à la pauvreté quant à l’inverse, la vie à la cour reste fastueuse. Le royaume agace car il est plus préoccupé de ses plaisirs que des affaires de l’état. Est-ce que les choses ont changé ?

Nicole s’est attachée à « Un monde meilleur » de Aldous Huxley, où tout ce que nous découvrons jour après jour semble avoir été, avec presque cent ans d’avance, prévu par Huxley. Procréation médicalement assistée, sélection génétique, disparition des liens sociaux, conditionnement (ou lavage de cerveau), obsession du jeunisme… tout s’y trouve. Pessimistes, circulez, votre moral va en prendre un coup sévère…

Béatrice a été charmée par la biographie d’un père écrite par sa fille : Yassaman Montazami « Les meilleurs jours » Son père né en 40 et mort en 2006 a vécu en Iran pendant le règne su Shah. Son livre alterne le passé et le présent  avec un père éternel étudiant, fantasque, idéaliste, charmeur… marxiste… Et donc en porte à faux entre ses deux cultures, la bourgeoise de son milieu d’origine et la marxiste qu’il s’est choisie.

Jean Jacques a choisi de nous parler de Patrick Modiano pour son livre « Horizon » qu’il a lu après « Le café de la jeunesse perdue ».  Jean Jacques est régulièrement séduit par les romans de Modiano. Son écriture et ses choix l’enchantent. Modiano toujours vibrant et plein d’espoir dans ses quêtes, mais qui, à l’approche d’aboutir dans sa recherche, prêt a retrouver enfin ce qu’il poursuit livre après livre, s’en va sans pousser la porte pour découvrir ce qu’il y a derrière. Est-ce qu’il n’y aurait de plaisir que dans la quête ? A vous de voir.

Pour terminer Pascal avait apporté un livre de Jacques le Goff, un spécialiste du moyen âge qui se pose la question de la périodicité et de sa pertinence dans l’histoire. « Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? » C’est pratique pour l’enseignement des scolaires, mais c’est un découpage qui nie la continuité. Les périodes se chevauchent, inévitablement. Pour s’en tenir au Moyen Age et à la Renaissance qu’affectionne Jacques le Goff, il conteste que la seconde période aurait mis fin à l’obscurantisme de la première. Il revendique la nécessité de combiner continuité et discontinuité dans notre façon de concevoir le temps historique.

Nous sommes allés ensuite poursuivre notre discussion à bâtons rompus autour d’une table délicate et goûteuse… Merci Joce !

 

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