Le journal du Grand Baz'arts, une troupe de théâtre lotoise
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Cercle de lecture – 7 Avril 1014

Au Mas de Doucet, 17 h vendredi soir, les premiers lecteurs arrivent. Il ne fait pas encore suffisamment chaud pour aller discuter sous les arbres, la cheminée et son feu de bois ne seront pas de trop pour certains. Ce soir tous nos lecteurs sont présents même si quelques retardataires, d’avance excusés, n’auront pas de livre sous le bras pour cette séance là. Nous serons quand même sept à nous exprimer sur nos lectures.

Madeleine, sentant les premières odeurs du printemps a l’intention de nous initier à la reconnaissance des arbres du jardin avec « Sous la protection du sureau » Arbre qu’on aurait bien vu représenter la sagesse, mais qui eu son destin détourné quand Judas choisit de se pendre à ses branches… Depuis cette affaire là on ne cesse de lui trouver des tas de défauts. Mais, heureusement, Bernard Bertrand , lui consacre ce livre et nous apprend comment différencier le bon du mauvais sureau… eh oui, ça existe même chez les arbres des bons et des mauvais. Lisez-le si vous avez envie de vous délectez de gelée de sureau parce qu’il n’y a quand même pas intérêt à vous tromper en faisant la cueillette…

Jacqueline, intéressée par ce qui a été dit les dernières fois sur Jean Christophe Ruffin est venue nous parler de son dernier livre « Le collier rouge » Elle a été touchée par l’histoire qui se déroule pendant la guerre de 14, et nous découvrons avec elle, étonnés, qu’il y avait dans les tranchées des chiens qui accompagnaient leurs maîtres. Mangeurs de rats et l’oreille fine pour prévenir des mouvements de l’adversaire, les chiens des tranchées ont été fort utiles aux soldats, et certains, dont celui qui a inspiré Jean Christophe Ruffin ont été décorés pour leur comportement. D’où le titre du livre, « collier rouge » pour évoquer la légion d’honneur canine… Bien que l’histoire se situe pendant la guerre, l’auteur s’est surtout attaché à décrire la fidélité de ce chien pour son maître soldat. Jacqueline vous recommande cette lecture même si elle ne nous dira rien de la fin pour nous en laisser la surprise.

Jocelyne, est une mangeuse de bouquins… Elle a terminé une série de livres de Colette. La vagabonde, l’ingénue libertine, bref cinq livres qu’elle adore… Elle ne nous en dit rien, sinon qu’elle est une inconditionnelle de cet auteur, et puisqu’elle suppose que nous les avons tous lus, donc, elle passe à autre chose… erreur, je ne fais pas partie de ces érudits là ! Elle nous parle alors d’un autre auteur disparu : Georges Sand pour son livre « Un hiver à Majorque » soit, un épisode de sa vie qu’elle souhaite oublier puisqu’il marque sa rupture avec Frédéric Chopin. Jocelyne ne s’y attarde pas non plus, non pas parce qu’elle n’aurait pas aimé le livre mais plutôt parce qu’elle n’y a pas retrouvé  les impressions qui étaient les siennes quand elle y fit le voyage… Probablement désenchantée par cette lecture elle est passée à un registre totalement différent avec Cédric Villani et son « Théorème vivant «  qui rapporte ses échanges de mails avec son associé pour parvenir à finaliser sa théorie. Le héros du livre c’est le théorème, choisi en physique des plasmas, mais il ne sera pas nécessaire d’avoir des connaissances pointues en maths, juste de se laisser porter par la fantaisie de l’auteur, qui, dans ce carnet de route, vous conte la genèse de ce théorème et vous communique aussi ses états d’âme, ses conversations, hésitations, ou emballements poétiques tout en cheminant. Troisième livre « L’or » de Blaise Cendrars et 1er roman de cet auteur au retour d’un voyage au Mexique. Il en rapporte une biographie du général Suter ruiné, quel paradoxe… par la découverte de l’or, sur ses terres qu’il destinait à une agriculture à grande échelle. Epuisé par son combat contre des chercheurs d’or qui s’emparent de ses terres frauduleusement, il finit par renoncer, et ruiné, se laisse mourir. Eclectique, Joce ensuite est passée au thriller plein d’imagination ou de folie de Eric Robinne « Le silence des loups », les amateurs du genre ne seront pas déçus, il se lit d’une traite. Enfin, Edouard Louis pour son « En finir avec Eddy Bellegueule ». Un roman que ce très jeune auteur affirme être une biographie romancée mais qui, au résultat,  lui vaut une plainte déposée par sa mère et des menaces du côté de sa famille paternelle pour lui apprendre à ne pas raconter les histoires de famille… Et puis le dernier livre lu par Joce : « La conscience de Zenon » de Italo Svevo que certains évoquent comme le Proust italien et dont le roman, en fait plutôt, l’analyse de son héros, nous présente un homme en proie à sa difficulté d’être. Sans cesse en contradiction et en échec, qui ne peut se résoudre à réussir et qui prend la fuite quand, par hasard, il pourrait bien malgré lui réussir…

Jean Jacques nous lit quelques vers des Fleurs du mal de Beaudelaire pour nous rappeler qu’il y a aussi des poètes à relire … et puis nous parle d’un livre de Andrei Makine « Le pays du lieutenant Shreiber ». Choqué par l’indifférence manifestée à la sortie du livre contant les mémoire de Jean Claude Shreiber, décoré en 41 pour faits de bravoure en même temps qu’exclu de l’armée parce que … juif, Makine prend sa plume pour lui rendre justice. Puis il nous parle d’un roman de Jean Rouault « Un peu la guerre », celle que l’auteur mène pour que continue d’avoir un sens, dans un roman, le fait de raconter son pays aujourd’hui. Enfin c’est avec un livre court mais puissant de Carole Zalberg qu’il termine :  « Feu pour feu » un texte à deux voix, retraçant le périple de ses deux héros dans trois parcours qui leur appartiennent, la vie, l’exil et l’amour.

Pascal a lu de Jean Christophe Ruffin « Le parfum d’Adam » qu’il résume comme un commando d’écologistes qui pousseraient la logique jusqu’au bout. C’est à dire quasiment l’enfer… C’est un thriller qui révèle de manière effrayante que sous des aspects sympathiques, l’écologie radicale peut être la deuxième source de terrorisme… Toujours de Jean Christophe Ruffin il nous parle d’un autre livre qu’il a aimé : « L’Abyssin ». Où la lutte des ordres religieux, plus près du pouvoir que de l’évangélisation. Un roman historique et d’aventure qui retrace l’expédition de Jean Baptiste Poncet en Abyssinie, où là, découvrant la civilisation de cet empire, il s’opposera et fera tout pour déjouer ceux qui cherchent à le convertir.

Béatrice s’est régalée avec cet ouvrage d’un philosophe qui n’existe pas, ou qui a seulement existé par l’imagination féconde et ironique de journalistes moqueurs. Philosophe qu’ils ont nommé Jean Baptiste Botul et qui a fait illusion puisqu’il fut repris et cité dans des ouvrages de vrais (?) philosophes…

Nicole a poursuivi ses lectures sur l’avenir de la planète, en partant d’extrapolations peu réjouissantes de « L’effondrement » de Jared Diamond qui repère la présence de facteurs immuables en cause dans l’extinction de populations avancées (Incas, Mayas, Pascuans). De même, la lecture des aventures d’ermites contemporains avec David Lefèvre et « La vie en cabane »  ont continué de la séduire . Oui il y a un bonheur possible, ailleurs que dans consumérisme, même et surtout, dans des habitats précaires qui ne laisseront pas d’empreinte sur l’environnement…

A bientôt de vous conter de nouvelles lectures !

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