Le journal du Grand Baz'arts, une troupe de théâtre lotoise
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VIREE SAULIACOISE EN GRECE

VOYAGE CLUB LECTURE – GRECE

Automne 2018

 Construit avec patience avec les amis du Groupe de lecture et l’aide logistique de S, ce voyage « culturo-paléo-sociologique » nous a réunis pendant 8 jours bien, peut-être trop, remplis. Notre groupe comprenait 3 couples et 3 indépendantes. Il était ambitieux de tout voir, encore plus de tout comprendre, mais nous avons beaucoup vu dans une ambiance des plus chaleureuses.

Ce compte-rendu très subjectif, allusif et peu fidèle tente de suivre les errances et les émotions de ces 7 jours de « découverte/redécouverte » d’une partie de la Grèce éternelle.

Balade en Grèce 

Jeudi 4/10                 Arrivée Aéroport d’Athènes – départ pour Arachova en Mini bus dîner et nuit à 10 km de Delphes

Vendredi 5/10           DELPHESvisite du site départ/arrivée aux  Météores nuit et soirée à Kalambaka

Samedi 6/10             METEORES  visites de monastères : Grand Météore,  Varlam, Agios Stefanos , promenade autour des ermitages de Agios Nikolaos  Bantova, habité mais non-visitable, et pour les adeptes des marches,  montée au pied de l’aiguille de Roca

Dimanche 7/10        Au petit matin monastères de Agios Nikolaos Anapafsas et monastère  de femmes du Rousanou Retour sur Athènes, installation dans nos gîtes à Koukaki

Lundi 8/10                 ATHENES  Rendez-vous avec E au marché central et cours de  cuisine grecque chez elle

Mardi 9/10                Nouveau Musée de L’Acropole et rencontre de la libraire Odile et d’un écrivain grec à la Librairie franco-grecque du Stade de Marbre

Mercredi 10/10         Visite de Plaka avec Katerina le matin, retrouvailles avec Sophie et déjeuner en taverne . Ap-midi visite de l’Acropole

Jeudi 11/10               Départ aux aurores pour la France

Jeudi 4 octobre  Départ pour l’intérieur

Cela fait des mois que nous en parlons de cette expédition lointaine, des semaines au moins et cette fois-ci, ça y est, nous y sommes à attendre à l’aéroport d’Athènes l’arrivée en chapelet des uns et des autres.

Les R après des errances à la Ulysse dans les îles viennent de toucher terre et sont là : et de deux. F qui a rongé son frein en Crète à cause d’un fâcheux cyclone méditerranéen – et oui cela existe – campe près de sa valise sur le parking des bus. Et de trois. Les quatre sauliacois ne sauraient tarder, experts qu’ils sont en manipulation internet pour avoir opté pour un trajet peu direct mais ECONOMIQUE ou la ligne directe Toulouse- Athènes a été méprisée au bénéfice d’un Toulouse-Munich (nos cousins de Germanie étant réputés pour leur sérieux, leur exactitude, leur saucisse et leur bière)…… Athènes enfin.

Bref, les sauliacois sont arrivés à bon port ce Jeudi 4 Octobre après une nuit très courte et 10 heures de voyage. Tout va bien, ils sont là et nous aussi. Heureux de les voir vifs comme des gardons sortis de l’eau après leur  périple trans-européen. Quatre plus deux (nous  arrivés bêtement d’Athènes) plus trois, cela fait neuf. Le compte est bon. Le « minicarpassiminiqueça » nous attend depuis bientôt trois heures. Honneur au chauffeur, S, patient, stoïque et discret. Il se montrera avec nous toujours prévenant, souriant , exact mais peu polyglotte, nobody is perfect.


Noir, un peu pompe funèbre, le véhicule avec lequel nous quittons enfin le parking de l’aéroport nous conforte dans l’importance de notre mission de reconnaissance de la Grèce éternelle. En quelques centaines de kilomètres nous franchirons les siècles. Cap sur Delphes d’abord, demain Vendredi, et ses quelques centaines de siècles avant Jésus-Christ puis pour les Météores ce Samedi ou les monastères perchés nous ramèneront quelques centaines de siècles après Jésus-Christ et arrivée Dimanche dans une Athènes polysémiques, plurimillénaire, où nous nous baignerons avec délice dans l’ancien et et le moderne tout à la fois.Un peu colo, l’ambiance, un peu car de ramassage scolaire aussi. Les uns somnolent quand ils ne dorment pas carrément allongés(es) sur la banquette arrière, d’autres révisent les itinéraires et l’alphabet grec. Tous se projettent, regardent, picorent, se regardent encore , échangent trucs de cuisine et recettes de couturière, refont le monde, s’étirent, baillent. Notre véhicule, prévu pour 25 – soit près de trois places par personne – permet l’exercice de toutes les déviances voyageuses. Je vous les laisse imaginer vous même au travers de paysages montagneux puis thessaloniciens… On passe un long moment d’échanges passionnants pour savoir si les taches rouges entrevues dans les champs sont des poivrons ou des tomates? Un mystère qui ne sera pas résolu….. grave. Nous nous étonnons aussi des immenses champs d’un coton que nous n’avons jamais connu, de la température qi baisse au fur et à mesure que nous gagnons en altitude . Enfin, à l’issue des trois heures du voyage, nous nous tordons le cou pour trouver nos hébergements d’Arachova

Ville de montagne, fraîche, un Chamonix local, touristique mais bien calme. Plein de boutiques style villégiature alpine : fourrures made in China, chalet miniature en bois idem mais aussi salons de thé en cours de fermeture (il est presque sept heures quand nous arrivons) commerçants en quête d’une clientèle rare sur le pas de leur porte et derniers cars de touristes en short, poils hérissés et chapeau de soleil en berne. Un peu exotique  tout cela mais la perspective de poser nos valises, de refaire notre raie ou de nous repoudrer avant d’aller manger de bonne heure, nous l’espérons, nous galvanise. Nous ne serons pas déçus. Ce soir, premier dîner partagé dans une taverne locale recommandée et réservée par nos correspondants locaux : bonne pioche. La taverne de IOANIS « To Toukani » est bien à la hauteur de sa réputation : courtoisie, qualité, originalité. Ioanis joue les maîtres de céans avec subtilité. Une ribambelle de plats (en France on les qualifierait de farandole) soupe, pleurotes flambées, herbes sauvages, purée de fèves locales et d’aubergines, viande mitonnées aux oignons, corolle d’aubergine fondue au four et son cœur de feta, yaourt brebis/chèvre arrosé de miel du Mont Parnasse,,, on y était ! Tout le monde est sorti satisfait, végétarien ou non. J’espère que nous ferons plus léger demain faute de pouvoir apprécier les beautés de Delphes.

Vendredi 5 octobre  Départ matinal pour DELPHES et sa Pythie

Delphes, c’était Lourdes…Je m’explique. Lourdes, cité mariale depuis l’apparition de la vierge à Bernadette Soubirou est le lieu de pèlerinage de bien des chrétiens venus du monde entier : on s’y recueille, on prie, on boit de l’eau, on espère et on croit. Le clergé est omniprésent mais les négociants aussi qui attendent tapis à l’ombre de saintes vierges phosphorescentes, de bimbeloteries chinoises en mettant en œuvre de savantes stratégies de piégeage des dévots, stratégies dignes des meilleurs chasseurs de sangliers quercynois ….of course

Delphes n’a pas été différente : 2500 ans avant Jesus Christ, Zeus en avait fait le nombril du monde. La Pythie, une jeune fille aussi vierge qu’inspirée, y vendait non ses charmes mais ses oracles. Les grands de ce monde, venus du monde entier, y affluaient. Les premières  jeunes vierges séduites par de fougueux pèlerins furent remplacées par des femmes mures, talentueuses, certes mais moins volages et tout aussi aptes à vendre leurs avis et prédictions. Arrosées d’eau fraîche pour rentrer en transe, un peu shootées par un éthylène jailli des profondeurs – en somme un peu comme les artistes de nos cavernes rupestres – elles étaient l’instrument de quelques prêtres sournois autant qu’avides qui passaient la sébille. Mais, au delà de l’obole les grands de ce monde hellénique allaient plus loin que les simples pèlerins de Lourdes pour remercier leurs Dieux d’avoir été de bon conseil.

Ils construisaient de somptueux édifices, donnaient des bas reliefs et des statues, des fresques et des ornements. Un peu plus généreux en ce sens que les donateurs d « ex votos » lourdais dont les remerciements s’expriment  plus simplement sur des plaques de marbre pour les plus luxueux.

Merci à ces donateurs des lointains millénaires, venus de tout l’Orient d’avoir fait de Delphes une splendeur, un site inspiré, prolongé jusqu’à la mer par des océans d’oliviers. Les romains ambitieux et conquérants des premiers siècles de notre ère ne surent prolonger la tradition Les vertus militaires ne vont pas nécessairement de pair avec la religion. Delphes s’étiolera. Elle ne sera plus le centre du monde. Si les pythies ont disparu, les cénotaphes, édifices en tout genre, sculptures et bas relief sont toujours là. Merci à Jupiter pour les avoir fait converger sur cette colline inspirée.

Aujourd’hui, les touristes grimpent en rangs serrés derrière leur guide. Nous avons essayé de les précéder pour découvrir les premiers la conque du théâtre, les enfilades des colonnes antiques et le stade perché tout en haut, ouvert sur les montagnes.

Samedi 6 Octobre : les stylites

 S’il est un exercice qui requiert autant d’équilibre, de force que d’abnégation, c’est bien de rester longtemps sur un pied en haut d’une perche. Jean le stylite le fit en son temps et les sadous indiens dit-on s’y adonnent pour méditer. Aux Météores, les moines byzantins du 8 ° siècle à nos jours ont perfectionné l’exercice en choisissant de se réfugier non sur des perches mais sur des pitons, non en solitaire mais en groupe ? C’est là que nous les avons retrouvés. Ils ont choisi pour bâtir leurs couvents le sommet exigu de montagnes abruptes.  Ils y ont érigé, pierre après pierre, des terrasses et des bâtiments, des greniers et des dortoirs, des chapelles et des clochers.

Vus mais non « jamais pris » par leurs ennemis qui en voulaient à leur foi mais aussi à leurs richesses, les moines/moniales des 7 monastères encore en activité vivent là depuis plus de 1000 ans. Les turcs et les envahisseurs n’ont pu les rejoindre et leur enjoindre de redescendre pour abjurer leur religion. Les touristes d’aujourd’hui pourraient y parvenir compte tenu de leur nombre. Malins les moines qui se hissaient avec forces échelles branlantes, cordes et filets en tout genre sur des sommets inaccessibles résistent plus difficilement à la curiosité des passants et à l’avidité des agences de tourisme. Nous nous sommes convaincus qu’ils restent encore peu accessibles compte tenu de l’étroitesse de leurs escaliers et du nombre de marches pour les atteindre. L’esprit des Météores vit encore dans nos mollets.

Au Grand Météore, les moines perdus au milieu d’une foule immense, polyglotte, affairée, s’agitent en tous sens. Miracle s’il en est, l’esprit du monastère perdure si l’on sait regarder  au delà des selfies.  Les icônes n’appartiennent qu’à ceux qui croient en elles, les fresques à ceux qui prennent le temps de les comprendre, les couloirs à ceux qui les respectent, le site à ceux qui le contemple. Les objets du quotidien de ceux qui ont vécu ici ne sont pas modestes : ils appartiennent toujours à ceux que leur croyance a vu se réfugier ici. Coupoles et peintures, cloches et liturgie sont toujours là, de même que les outils pour faire le pain ou le vin. Le Grand Météore attend la nuit et la quiétude pour se replier sur lui-même, près du ciel. Il doit savoir qu’il peut être là longtemps bien après ceux qui pensent l’acheter en payant leur billet.

Le couvent d’Agios Stephanos, perché lui aussi à quelques kilomètres de là, accessible aisément grâce à une passerelle de plein pied apparaît  plus cabotin . On le serait à moins tant les colonnes de fourmis humaines qui souhaitent y rentrer sont longues. Et pourtant les moniales qui y officient semblent résister. A ceux qui forcent, elles offrent imperturbables leurs sourires et leurs cartes postales. Mais leur clôture laisse deviner une vie bien à elles. Leurs jardins se révèlent discrètement bien verts, fleuris quand les balcons ouverts aux visiteurs demeurent couleurs de pierre. Les nonnes de Saint Stephanos savent garder leur ciel et leurs ouvertures quand les touristes se bousculent et se marchent sur les pieds. Au milieu de la foule, leur paroles et leurs silences contrastent avec le brouhaha. Elles sont chez elles.

Varlaam au bout de ses arrêtes d’échelles aujourd’hui en chômage technique au bénéfice d’escaliers en pierre bien réels sait lui se faire désirer. Les gravir, met Varlaam  à l’abri des simples frimeurs et des tours opérateurs. Fermé sur ses coursives et sur ses volumes intimes, il fait de sa petitesse sa grandeur. On le sent fort, organisé, accessible seulement à ceux qui se font petits. Bien différent de ses grands voisins qui friment quand même un peu et qui l’encadrent, l’un qui le domine, l’autre qui le snobe.

Dimanche 7 Octobre – Intimités « meteorites » : dernières envolées

Contraste entre le jus de carotte matinal, les œufs durs, la pénombre de l’hôtel et la splendeur du panorama des pitons qui nous accueille en sortant de l’hôtel, guillerets, heureux d’être là sans trop savoir pourquoi. « small is beautiful », ce matin encore, l’adage n’a pas été démenti. Nous étions tout petits et donc très beaux aussi.

Tout était petit du reste : le petit jour, le petit nombre, le petit silence, tout était dans l’intimité et la chaleur de la proximité pour nos dernières ascensions. Elles nous sont apparues légères. A notre portée, ces deux derniers monastères visités dans le calme retrouvé. Le couvent de Saint Nicolas d’abord, moins perché et donc plus loin du ciel, moins audacieux et  donc plus près des hommes que nous sommes aussi … et oui !!!.

Fresques et peintures douces. Des bleus en oranges passés, les traits des figurants dans la création du monde, les courbes des prophètes penchées jusqu’aux martyrs ou aux saints remplis de sainteté et donc plus inaccessible.  Tout est apparu à notre portée.

Il n’en est pas allé du reste différemment dans le monastère de Roussinou : le nom de son fondateur. Et pas celui de son saint patron comme les autres monastères. Est-ce la rondeur de ce nom presque aveyronnais ? Est-ce la manière dont nous l’avons rejoint en suivant une sente descendante et ombragée ? Est-ce simplement parce que nous sentions déjà le départ ? Roussinou, ce sera pour moi les Meteores de la discrétion loin des images de carte postale célébrant surtout les côtés vainqueurs, glorieux, voire patriotiques. Ah, j’oubliais le monastère de Roussinou est féminin, un hasard !

Jambes à peine fatiguées, chevilles souples, un peu sonnées par tant de beauté, nous avons repris le chemin d’Athènes. Poésie toute relative des autoroutes et des aires de repos sur lesquelles elles s’égrènent. Nous sommes revenus au 21° siècle aussi rapidement que nous l’avions quitté quelques minutes avant.

A peine secoués par un arrêt sur le site de la bataille de Salamine où on nous demandait de communier dans le sacrifice des Spartiates morts au champs d’honneur face aux Perses cruels. Nous y avons satisfait mais l’image d’Athènes qui ne nous quittait pas et l’envie de sandwich à consommer avec modération lors de notre prochaine halte a terni l’admiration que nous aurions du manifester. Très vite, paysages urbains et nœuds de routes aidant, nous avons approché puis pénétré la capitale de La Grèce. Moins de poésie en cette fin de journée qu’au petit jour.

Nous nous sommes divisés d’abord pour nous retrouver ensuite autour du repas du soir dans un quartier très « boboÏsant ». N’empêche même là, en plein cœur de la Grèce qui bouge, nous avons continué à manger local, végétarien bien sûr, et même, à partager nos plats. Ce n’est pas encore le Kibboutz intégral ou le sovkhoze soviétique – le partage des œufs au plat reste difficile et ce n’est pas qu’un problème technique mais bien un problème de société – mais cela vient et avec cela l’esprit de groupe.

Nous avons fêté ce soir, le jour ou F est née, c’était hier. Puis nous sommes rentrés vers nos lits respectifs. Rendez-vous demain au grand marché pour explorer sous bonne conduite les mystères de la cuisine grecque.

Lundi 8 Octobre De la fourche à l’assiette. Rendez vous au creux des plats grecs

Des nourritures intellectuelles ou spirituelles à celles du quotidien, nous passerons  ce jour en bonne compagnie : celle d’E. Tour du marché central atteint après force bousculades dans des métros bondés. On passera vite côté viande et poissons aux effluves affirmées, admirant seulement un temps la maestria d’un boucher cinghalais maniant le hachoir comme JP la roulette ou F son blender.  Arrêt plus long sur les fruits et légumes odorants mais non néanmoins pervers. Le végétarisme – peut-être est-ce différent pour le véganisme ?- nous a montré une face méconnue et hideuse de son être  : celle de fasciner au point d’oublier les dangers de la foule.

Légumes colorés, fruits envoûtants nous ont piégés comme le faisaient en d’autres temps les sirènes et leurs chants. Ulysses que nous avons été, nous avons un temps oublié l’audace des pickpockets. JP et P en ont fait les frais. Les étals sucrés des fruits tropicaux devant lesquels ils piétinaient ont causé leur perte. Les larrons étaient là près du piège à odeur pour glisser, cupides et non pervers (notez bien la nuance), leurs mains habiles dans une poche et y soustraire quelques Euros.

Plus furieux de notre naïveté que de notre appauvrissement, nous avons repris en file disciplinée le métro pour rejoindre la cuisine d’E.

E parle un français parfait. Elle a longtemps vécu dans notre mère patrie et y a rencontré son mari M, un passionné de permaculture et de cultures d’olives. La crise économique n’a pas épargné E et M. Ils en parlent peu et font mille métiers pour vivre, s’adapter, passer ce mauvais moment.

E nous a conduits par la main au marché entre les étals où nous avons acheté viande et végétaux, puis nous a entraînés jusque dans sa cuisine pour nous initier aux pratiques  culinaires locales. Au milieu des couteaux, hachoirs, casseroles et autres récipients, nous avons élaboré sous sa conduite un vrai repas athénien : aubergine et beignets de feta, agneau en papillote au citron, crème au miel de l’Hymet, le tout arrosé de vins et d’huile d’olive maison, bien sûr.

La cuisine est une chose, la déguster une autre, en parler une autre encore et pas la moins longue ni la moins importante. Trois heures autour du café pour cela, c’est un minimum. Retour donc en fin d’après midi sur Athènes et notre domicile par le chemin des écoliers… Des écoliers un peu troisième age qui vont traîner le nez d’escaliers en chemins sous un Parthénon qui se dore encore au soleil couchant. Pas mal pour des écoliers même du troisième age qui se devaient de vivre ces heures là. Ce soir nous resterons chacun dans notre coin à digérer nos plats et à penser aux lendemains qui chantent. et plus encore  dans les méandres des hachés, des pelures, des cuissons.

 

Mardi 8 Octobre – Culture , lectures quand vous nous tenez

Culture, quand tu nous tiens, on ne peut plus te lâcher . On visait les arts préhelléniques et les arts byzantins, impossible ces musées fermaient le Mardi. Le cœur gros et les larmes aux yeux, nous nous sommes tous retrouvés ce matin au musée de l’acropole. Les larmes ont rapidement séché, les battements de nos oreillettes et autre ventricules ont retrouvé leur rythme, RAVIS RAVIS, nous avons tous été ravis par nos pérégrinations libres dans ce temple de l’art grec. Présentation et volumes à la hauteur des pièces retrouvées au Parthénon si proche. Un condensé de l’art et des institutions que nous détaillerons demain. Il était temps de prendre cet oxygène pour mieux respirer encore la Grèce des siècles d’or.

De là, le trajet nous a semblé très court pour gagner la librairie franco grecque. Un parc à traverser, première rue à droite, le stade de marbre sur notre droite, nous sommes arrivés à l’heure dans un bijou de librairie. Attendus, choyés, honorés bien au dessus de ce que nous sommes. Nous avons osé nous dévoiler en avouant nos identités et nos ambitions.

Et là peu de modestie de notre part, en avouant notre envie de connaître en moins de 100 minutes ce qui est et a été la littérature d’aujourd’hui et du siècle passé.  O et son associé et S ( le soupir ? Traduction libre) le conférencier ne se sont pas dérobés. On s’est assis avec un bon café, on ne s’est pas endormi et on a écouté avec autant d’étonnement que de candeur.

Les auteurs grecs écrivent en grec. Tautologie à l’exception d’Homère et de Kazanzakis nous les avons peu lus et pour cause car ils sont d’abord des poètes et ensuite des novellistes, parfois des romanciers. Curieux pays qui avec 20 ou 25 millions de locuteurs écoule à 100.000 exemplaires des recueils de poèmes et seulement à 5000 des romans. La littérature apparaît comme intemporelle, les poètes et leurs lecteurs se promènent au milieu de 80.000 mots venus autant du fond des siècles que de la langue d’aujourd’hui. Ces lecteurs semblent plus attirés par le temps long et l’imaginaire que par le réalisme contemporain fait de blessures et de pauvreté, se délectent encore de philosophie et de tragédie. On est loin des prix Goncourt français qui couronnent de plus en plus les romans inspirés des faits divers et d’enquêtes d’opinion. Les grecs par leur lecture accordent une autre échelle au temps long, celle du temps qui donne la patience – d’autre diront la passivité – et qui fait supporter la dureté du jour par le calme des nuits qui tombent doucement et donnent le sommeil.

Mercredi 10 0ctobre -Trois petits tours et puis s’en vont

Dernier tour de piste autour du Parthénon avant dispersion du groupe et retour en France demain pour beaucoup. Rendez vous à la station Acropolis avec C. Pas difficile de prendre contact avec elle, C joue le délit de faciès, je suis immédiatement identifié comme le père naturel de S et le guide suprême du petit groupe agglutiné autour de la bouche de métro. J’accepte honoré, le premier rôle mais pas le second, conscient non de mes dérives autoritaires mais plus encore du côté libertaire quercynois et féminin.

C parle d’or. L’histoire n’est plus. On vit avec elle le passé au présent et le présent  au passé : des heures anciennes au siècle de Périclès, puis des passages des romains aux ambitions d’Hadrien, des siècles où Athènes s’endort à ceux où elle se rebiffe, des années où on l’humilie à celles où elle se reconstruit. On suit C en pleine confiance dans les ruelles qui remontent vers les murailles : en pénétrant les jardins secrets et les maisons modestes des bâtisseurs du quartier de Plaka ; en apostrophant les moines souriants d’un minuscule couvent caché sous les figuiers ; en débusquant au coin des rues et au pied des murs fresques et pierres oubliées de la grande histoire ; en distinguant les musiques grecques les unes des autres. On en oublie la grande ville blanche qui s’étire à nos pieds jusqu’à la mer.

Le charme que C veut et arrive à nous faire partager, c’est le charme de l’inattendu, du paradoxal.  Quelque chose de différent du codé et de l’organisé. Quelque chose qui a la logique de l’illogique : celle d’une démocratie qui se construit en 1830 par exemple en demandant un roi pour la mettre en œuvre, celle de répondre à l’urgence  en optant pour le temps long, celle de dire oui en affichant un geste de dénégation, celle de donner à un chocolat le nom d’un tyran : Leonidas

Dernier repas partagé sous une tonnelle dans une taverne; S nous a rejoint. C’est elle la vraie vedette et les remerciements que nous recevons sont un peu indus et nous demeurons confondus de toute la gentillesse que l’on nous donne. Pour nous la ballade athénienne qui avait la prétention d’être littéraire et qui ne l’a pas vraiment été, se termine. Nos amis graviront encore les marches de l’Acropole cette après-midi. Jusqu’au bout, en vainqueurs de leur fatigue et en témoins de la  solidarité construite ensemble ces jours derniers. Comme quoi, le goût partagé de la lecture peut aller jusqu’à l’héroïsme et le dépassement de soi .

Il leur faudra demain encore de la patience pour regagner notre lointaine patrie et nos campagnes perdues. Mais quelle satisfaction d’avoir su profiter des « e dreams » et  autre « Kayak » qui ont donné à certains l’occasion de sillonner les aéroports jusqu’au bout de la nuit .

Merci à tous et à bientôt pour de nouveau périples « improbables » ;

Ouvrons par cet adjectif à la mode les portes de nos prochaines et nouvelles errances

 

Pascal Byé , Sauliac sur Célé le 8 Novembre 2018

    énième  version revue, et simplifiée….peut-être améliorée

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